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Textos traducidos al Inglés y Francés de Arsenio Rodriguez Quintana

Índice 
2-La Fuite 
1- Fidel took off his glasses and there began the Moncada barracks disaster
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2- La Fuite



La Havane est une trop petite ville pour que chacun d'entre nous n'y possède pas un ami ou un parent qui ne soit parti par le port de Mariel en 1980, qui n'ait essayé de mettre le cap tout droit vers Miami sur une balsa1 quelques années plus tard, ou même, simplement, qui n'ait quitté le pays. Du présent, plus personne, parmi ceux qui composent ma génération, n'attend rien ; nous sommes nés, on dirait, avec le destin d’avoir tout à abandonner quoiqu'il en coûte, et quelque en soit la douleur.
Cette histoire est une histoire parmi beaucoup d'autres, qui ont commencé avant ; parfois le seul espoir consiste à régler les dettes que notre volonté nous a fait contracter. Depuis Robinson Crusoé la vie sur une île est un secret qui a ses mots particuliers et son temps propre, même si la mer est l'unique espace qui nous projette dans les deux directions : le passé et le futur.
Juan Carlos Mirabal est le seul Cubain à s’être hissé à l'âge de 15 ans, au vu et au su, et la stupéfaction, de tout le monde, sur la Tour de la Radio et Télévision, en pleine rue 23 - artère vitale de l’asphalte de La Havane- pour faire croire qu’il était mentalement dérangé et ne pas avoir à faire son Service Militaire Obligatoire qu’en tant qu’internationaliste, il devait effectuer en Angola, pour égaler l’épopée que le Che avait commencé à écrire dans les années soixante en Afrique et dont notre génération a hérité.
C’est cette structure de métal qui lui avait soufflé l’idée, -c’est ce qu’il m’a raconté- pendant qu’il dégustait des glaces fraise-chocolat dans les jardins de Coppelia.
Il a entrepris de faire le drapeau, et le paratonnerre, entre autres figures de gymnastique, pendant que le chef des pompiers tentait de le dissuader de continuer. De là-haut Juan Carlos a pu apercevoir la table à laquelle il était assis la veille et découvert l’image de la coupole rayée de Coppelia toute pareille à un banal ballon de plage parmi les arbres verts. Il n’a jamais su qu’on avait inclus dans le scénario du film Fraise et chocolat, une scène analogue à celle que lui avait inventé par nécessité vitale, qui fut coupée au montage par les producteurs cubains.
Diego disait à David au moment où ils se trouvaient assis pour la première fois en train de manger des glaces et que les gens se mettaient à s’agiter et à courir la tête en l’air pour voir le gamin grimpé pratiquement jusqu’au ciel...
- Le peuple cubain est divisé en trois groupes : ceux qui demandent une camisole de force comme ce garçon cinglé sur la Tour, ceux qui ont besoin de porter l’uniforme militaire, et ceux qui sont fous de désir pour une fleur.
J’ai pensé, beaucoup plus tard, à ceux qui ont fait le service militaire avec moi, et qui ont essayé, sans succès, de se faire réformer en se tirant une balle dans les orteils ou dans un bras, feignant un accident quand ils montaient la garde, en avalant de grandes quantités de pilules pour faire tomber leur pression artérielle, en se barbouillant les pieds de jus de cactus pour qu’ils soient recouvert de champignons, ou comme d’autres, en se mettant à patiner sur des savonnettes sur les pans des toitures des bâtiments en simulant la folie, et je dois admettre que personne n’a fait mieux. Il a pris des risques non seulement considérables mais indépassables.
C’est sans doute pour ça que, après mon service militaire, lorsqu’on me l’a présenté à l’occasion d’un concert où chantaient les cantatrovadores2 Carlos Varela, Gerardo, Santiago et Franck Delgado, parfois ensemble, parfois en solo, j’ai eu l’intuition que nous serions liés d’une amitié qui irait au-delà des poèmes que tous deux nous écrivions.
La chanson que Carlos Varela a chanté ce jour-là s’est convertie ensuite en un hymne qui s’est propagé parmi toute notre génération :
“Guillaume Tell n’a pas compris son fils
qui un beau jour en a eu assez de la pomme sur la tête.
Il s’est mis à courir, et le père l’a maudit
parce qu’il ne pouvait plus prouver son adresse.
Guillaume Tell, ton fils a grandi
Il veut lancer la flèche.
C’est à son tour de prouver son courage
en se servant de ton arbalète.”
Au bout du compte la chanson n’est jamais passée à la radio ou à la télévision, mais nous sommes restés tous fidèles au désir de tenir entre nos mains cette arbalète imaginaire pour marquer le passage d’une génération qui pensait de manière différente.
Son exploit lui a valu d’être interné six mois dans un hôpital psychiatrique, qui s’appelait Mazorra, le plus grand de l’île ; là il avait rencontré un autre fou qui, pour devenir plus célèbre qu’un chanteur de salsa vénézuélien, Oscar D’Leon, en ce temps-là de passage à Cuba, avait pris d’assaut les échafaudages qui accompagnaient les réparations de la coupole du Capitolio dans la Vieille Havane. Juan m’a raconté qu’en les présentant l’un à l’autre, le maton, armé de sa matraque électrique, avait cruellement plaisanté en disant au fou qu’il n’était pas si casse-cou que ça, parce que ce blondinet -le gardien avait désigné Juan- presque un enfant, avait grimpé plus haut, et alors l’homme déboussolé avait essayé de le frapper, et ne le pouvant pas, s’était mis à pleurer d’impuissance.
Mirabal avait une maison, et c’était donc tout naturellement qu’à la fin des concerts, des expositions ou du ciné, un groupe d’élus se retrouvait chez lui, jusqu’à l’aube. Discuter dans des maisons comme celle-là ou en plein milieu du malecon3 c’était, comme le dit un danzon4, “rompre avec la routine”, bousculer l’inertie des sens obligatoires de la société, sortir de notre intimité pour trouver une liberté collective qui, quoique souvent anarchique, avait tout un double goût : parce que nous l’avions choisie, et parce que nous menions notre vie propre. Une touriste argentine baptisa sa maison du nom de “mangrullo”, ce qui signifie sur les terres de Borges, être toujours en état de veille.
Ce paradis appartenait à tous également et nous le partagions avec les “fillettes” que chacun chassait dans la bande. C’était un refuge au coeur du Vedado, où, pendant les horaires de travail ou d’étude, entre filles en uniforme on se lisait des poèmes (Terelys, Ileana, Elena del Valle, Aliu, Adriana et d’autres...), et on commentait les derniers numéros de la revue Nouvelles de Moscou, apportés par Peteko ; pendant que el Chen (surnommé comme ça à cause de son fanatisme à propos du Che, il était le neveu du photographe Korda qui avait pris la photo qui a fait le tour du monde depuis 1967) glissait dans le magnéto les Pink Floyd, Jethro Tull ou Yes. Après on fumait ensemble un joint de marijuana sur la terrasse transformée en une piste de perception psychédélique branchée sur le ciel.
Un jour quelqu’un est arrivé sur la terrasse avec la nouvelle qu’on avait abattu le Mur de Berlin. Nous avons crié de joie naïvement sans nous douter des conséquences que ces fragments de mur, jetés parterre et vendus à des touristes de n’importe quel coin de la planète qui n’avaient pas connu la tragédie du système, allaient avoir pour nous. Aujourd’hui ces morceaux dispersés sur le sol de maints bureaux et de chambres d’émigrants sont aussi l’image de notre diaspora sous d’autres latitudes. Nous ne savions pas que, quelques mois après cette chute, presque aussi miraculeuse que celle des Murailles de Jéricho dans la Bible, l’absence d’électricité, publique ou privée, allait devenir quelque chose de totalement quotidien dans La Havane, un suicide léger aux lectures de l’aurore où, mués en ombres, nous allions imiter la nuit boréale, double nuit non désirée. Cette crise passera dans l’histoire cubaine sous le nom de “Période Spéciale”, mais nous l’avons entendue annoncée dans tous les discours et concerts politiques sous le nom si gris de “Option Zéro”.
Juan Carlos a été toujours le centre de son repaire ; le centre parce que presque blond, presque fort, presque antipathique, presque violent et très beau garçon, et puis parce qu’il était le seul à avoir l’expérience de l’incarcération, et de rien de moins que dans un asile psychiatrique, ce qui lui permettait de goûter à la chair des plus belles filles que son passé ou les apparitions qu’il faisait en invité dans des concerts de rock, vêtu en cow-boy, ou en n’importe quoi d’autre, fascinaient ; lui, en revanche, ne se consacrait qu’à les chasser, les savourer puis les balancer après avec un froid dédain.
Les murs et la chambre de cette maison étaient un prolongement naturel de notre liberté, nous nous exprimions sur eux sans censure ; tous ceux qui voulaient dessiner, faire un graffiti, ou tout simplement laisser une empreinte de leur passage dans ces lieux de pouvoir pouvaient le faire. Personne ne perdait cette occasion, car s’exprimer librement pendant l’adolescence est très difficile. Notre amphitryon avait lui-même exposé quelques textes ; c’est par l’un d’eux, Deux bougies sont angoissées par leur petite dimension, que nous avons appris qu’il avait perdu sa mère la même année où on avait voulu le contraindre à faire son Service Militaire Obligatoire.
Elle s’était suicidée avec la plus jeune de ses filles entre les bras. La fillette s’en était tirée par miracle : une voisine avait perçu une forte odeur de gaz en même temps que de faibles pleurs. Voilà l’origine de ce poème que nous avions tous cru surréaliste parce qu’il avait été écrit une nuit sans lumière électrique, ni bougies.
Le Vedado sans lumière ne pouvait que nous remettre en mémoire, et dans le coeur -comme le rappelle l’étymologie de l’ancien verbe français “recorder”, se souvenir (NB esto lo agrege yo),- les vers du poète de la rue Trocadéro 162, Lezama Lima... une obscure prairie m’invite, ses nappes stables et serrées, tournent en moi, sur mon balcon s’endorment. Même si Marti avait écrit quelque part, j’ai deux patries, Cuba et la nuit. Moi, tous comptes faits, je biaise, j’ai deux nuits : la nuit et la patrie enveloppée dans la double nuit de son corps. Comment séparer et distinguer la nuit du chaos primitif de la nuit sans lumière qu’on nous impose? Comment distinguer ces crânes emplis d’hallucinations que sont les édifices de ce quartier? Comment reconnaître dans ce labyrinthe le cercle auquel j’appartiens afin de retrouver le chemin de ma maison? Comment savoir quelle chair je caresse sur la plage, contre le mur du malecon et dans la vague, sans l’expérience du toucher que Borges ou l’aveugle de l’Odyssée avaient dans la nuit éternelle de leurs corps? Qui aurait imaginé depuis l’attaque anglaise contre La Havane au XVIIIème siècle, que le Morro, après avoir passé des centaines d’années à guider l’entrée des navires dans cette baie pareille à une gigantesque poche, se transformerait en un cyclope lumineux qui éclairerait quelques fragments des corps dans la nuit du malecon de La Havane?
Une ville comme La Havane, sans lumière, n’est pas une ville, elle est l’ombre d’une ombre. C’est très curieux, quand nous quittions la maison du Jeune Créateur dans la Habana Vieja, nous nous nous dirigions toujours pour discuter vers un coin du port qu’on appelle “QUAI DE LUMIÈRE”.
Juan Carlos partit sur un radeau fait de chambres à air de tracteur et de morceaux de planches, il s’était enduit de graisse usée de voiture pour repousser les requins. Il partit clandestinement, un vendredi à 9 heures du soir, sous une fine pluie, alors qu’il était puni par le gouvernement cubain, et il fut recueilli dans les eaux internationales par un garde-côtes de Key West vers 7 heures du matin.
Au début je me disais : il s’en est bien tiré, si on le compare avec d’autres qui passent une semaine à dériver ou qui n’arrivent jamais, il n’a même pas eu à souffrir du soleil. Ensuite je me suis souvenu que j’avais passé le même nombre d’heures enfermé dans un trou pour m’être enfui quand je faisais l’armée ; ces désertions sont le cri intérieur d’une crise, quelque chose que nous abandonnons en sautant le mur de la caserne, mais qui persiste parce que nous partons avec la même peau qui ne nous pardonne pas.
Dans le cachot, le temps semble ne plus couler, c’est comme un point exténué dans un espace inerte, sous les formes lumineuses qui pénètrent par le bas de la porte avec la complicité irrégulière du sol. C’est là que j’ai appris que l’abîme était aussi un mur en moi qui oscille entre la vie que je suis et celles que j’ai eues, la cellule était la pétrification de la grâce humaine où la vie ne tolère pas de plaisanteries entre les collines d’ombres.
Je me suis rendu compte que ses dix heures ont duré tout un siècle humide, dans sa trajectoire de 88 milles de Cojimar jusqu’au garde-côtes, parce que la relativité est aussi à l’oeuvre sur les vagues, même par beau temps. La mer est obscure avant que le sommeil ou la terreur ne nous envahissent.
Quand on s’éloigne de la côte de quelques milles, - c’est ce que j’ai pensé à une certaine époque- nous éprouvons tous l’angoisse du vieil homme qui pêchait seul dans une barque et qui n’avait pas pris un poisson depuis 84 jours. Quand on se retrouve seul avec la mer, sur laquelle on apprend, on aime, on a bougé comme elle bouge depuis bien avant l’apparition de l’homme, et quand on a marché tout le long de cette île allongée, splendide et malheureuse avant même que Colomb l’aperçoive, et que les choses que l’on y découvre et celles qui s’y sont toujours trouvées sont éternelles et précieuses parce que cette humidité coule et continuera à couler, après les Indiens, les Espagnols, les Américains et la révolution, et après tous les Cubains et tous les systèmes de gouvernement. J’ai imaginé qu’il avait eu peur, et qu’il s’était souvenu, pris dans le balancement de son embarcation et la nuit, des lectures de poèmes dans sa chambre, des filles qui ne le verront jamais accomplissant son exploit et sûrement éclateront en sanglots dès qu’elles l’apprendront, et peut-être s’était-il rappelé la dédicace qu’il m’avait écrite en me faisant présent de la Poésie Complète de Lezama Lima à l’occasion de mon anniversaire alors que tous deux nous étions veilleurs de nuit au Teatro Fausto dans La Habana Vieja :
“Je n’ai pas le courage des jeunes gens qui partent
sur une balsa et qui ne reviennent pas...
Chacun est entraîné par sa fiction.
Ni la sérénité de les voir partir avec
l’angoisse née de cette routine, dans laquelle
les autres continuent à cuire des pierres pour
en boire le bouillon.
Leur chemin est le silence perfide
sur les plis de l’eau.
Leur chemin du pire est infini.
L’avenir secret impose
des souvenirs d’une même trace
secrets qui ne sortent pas de l’eau”.
aime-toi et fais attention à toi davantage.
Après Norberto Fuentes m’a expliqué que la rapidité de Juan Carlos était due à ce qu’il avait pris le courant du Golfe. Que ce dernier surgit au sud-ouest du cap de San Antonio, qu’il longe la côte nord de Cuba, qu’il passe face à Key West, Miami et le cap Hatteras, puis prend la direction du nord-est. Le courant se dirige vers l’Europe et s’infléchit vers les îles Canaries. Il revient à travers l’Atlantique Nord et s’oriente à nouveau vers les Antilles. Il avance jusqu’au Yucatán et reprend le même parcours. Quand il passe devant La Havane, il le fait en direction de l’est, et à la hauteur du Varadero il prend la direction est-nord-est. Qu’il était très facile de prendre ce courant : devant La Havane il a environ 60 milles de large, et sa vitesse atteint jusqu’à 4 noeuds, et qu’il passe en charriant des ordures qui se répandent à la surface, la partie submersible s’enfonçant lentement et le reste, les palmes, les bouchons de liège, les bouteilles et les ampoules grillées des lampes accompagnées par les préservatifs vides d’amours flottant sans rêves contre cette chose simple et éternelle qu’est le courant, dont la vitesse augmente avec la profondeur des fonds marins. Hemingway maîtrisait tout ça à la perfection, et les balseros aussi, conclut-il.
Maintenant Juan Carlos se trouve à Las Vegas, il travaille comme marmiton dans un grand- hôtel, ensuite, sûrement il ira à Hialeah à Miami et se convertira en un latino de plus traînant l’épopée de sa vie dans la nostalgie, sans avoir le rôle qu’il a pu jouer parmi nous. Je me demande à quoi ressemble sa vie sans cette coupure de journal jaunâtre Juventud Rebelde5 qu’il montrait aux filles, où on voyait sa photographie, prise depuis le Habana Libre, avec son corps minuscule accroché tout en haut de la tour de la télévision.
Je regrette que les fuites en des temps comme ceux-ci soient la seule solution pour continuer à vivre dans une autre résistance et de là continuer à rêver.
Aujourd'hui l’île est pareille à une chambre à air qui se déplace avec les bruits d’un courant intérieur se détachant de la côte dans la conscience.
Combien de temps me reste-t-il à passer dans cette résistance après à la fin de ce texte? Quel chemin prend celui qui ne désire pas suivre un sillage dans la mer et qui est resté attrapé dans l’ombre des fuites en commun avec la mémoire? Si j’efface la mémoire, quelle pureté. Et si j’efface les souvenirs, avec qui ai-je fait l’armée, avec qui ai-je fait l’école buissonnière sur les quais pour pouvoir pêcher puis me baigner sur la plage pendant les heures de classe? Pourquoi une fois partis est-ce qu’ils n’écrivent pas, est-ce qu’ils n’existent pas et est-ce que je les ai rêvés? Combien reste-t-il d’amis? Est-ce que ça a un sens de se poser la question? Est-ce que je suis ici? Est-ce que je délire? Est-ce que quelqu’un écoute cette chanson? Et si la lune achève son parcours?
à JCM (Miami, USA)
à Aissa (Miami, USA)
à Raynold Mendizabal (Pittsburgh, USA)
à Radames Molina y Sonia (Barcelone et Santiago de Chili)
à Anouk (Saragosse, ESpagne)
à Enrique Sotomayor (Talavera de la Reina, Madrid, Espagne)
à Alejandro Lopez (Miami Beach, USA)
à Beate (Lac de Constance, Allemagne)
à José R. Moreno et Mercedes (Séville, Espagne)
à Oscar Moreno (Londres, Grande Bretagne)
à Vivita et frétillante (Miami, USA)
à etc..
 (trad. Sarah  Caron)
 
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1- Fidel took off his glasses and there began the Moncada barracks disaster
http://2.bp.blogspot.com/-62SiO0ykvKc/Ti6USQjXMwI/AAAAAAAAAXs/qbZcxynXJFQ/s1600/Fidel+detenido+sin+lentes+tras+el+aslto.jpg

It was then that Gustavo noted that Fidel -- during the almost kamikaze-like commando operation -- was wearing glasses. Fidel detested for anyone to see him wearing glasses in public, and upon entering the city, he took off that sign of weakness and put them away
in one of his uniform's pockets. (…)
Upon reaching the entry to the Moncada barracks lit by only two lights, the driver of the first car stopped, got off, and yelled to the two sentries: "Open way for the general!" The guards, who were confused, opened the gate and stood at attention. Two of the attackers ran towards them and easily disarmed them.
When the first car entered the barracks, Fidel drove his car forward. However, because of the lack of light and the fact that he was not wearing his glasses, his car went up a curb onto the sidewalk and crashed very violently and noisily into one of the posts at the entry. The disastrous attack had just begun, but neither Fidel Castro nor the other attackers knew that yet.
This anecdote from July 26, 1953, was told by Guillermo Cabrera Infante in 1984, who heard this from Gustavo Arcos who rode in the car with Fidel during the attack.
I don't understand why people are amazed that he has disappeared since he became sick; for him, the sick are weak. Nevertheless, he embraces a sickly Hugo Chavez. Could it be for the black gold? That seminal liquid petroleum?
Today we know that the attackers were released in 1955, two years after the assault. Some believe they were released because of a promise that Fidel's mother made to the Virgin of Cobre in Santiago de Cuba. Many of us believe it happened because of the family ties the Castros had with general Fulgencio Batista, who had imprisoned them, but who was also the godfather of Raul Castro, baptizing him in 1938 according to a photo that appeared in the Avance Crillo newspaper on August 12, 1960. One day we will learn the truth, or perhaps not.
Translation by Alberto de la Cruz,  on July 27, 2011.